1) Pouvez-vous nous présenter votre commune en quelques mots ?

 Saint-Porchaire est située en Charente-Maritime, entre Saintes et Rochefort. C’est une commune rurale de presque 1900 habitants, avec du charme, du potentiel, des bonnes volontés mais aussi de l’immobilisme (le fameux « on a toujours fait comme ça »).

 

2) Qu’est-ce qui vous a amené(e) à vous présenter pour siéger au Conseil municipal ?

 C’est mon deuxième mandat, chaque fois en tant qu’élue de la minorité.

En 2014, fraichement arrivée sur Saint-Porchaire, j’ai rejoint une liste s’opposant au Maire sortant, suite au manque de communication de la municipalité en place, et au constat que rien n’avançait dans cette commune. La gestion municipale n’avait pas évolué en même temps que la société et la ville s’endormait petit à petit : les commerces fermaient les uns après les autres, pas de chaleur ni de convivialité, aucune action sociale, un refus du numérique et la jeunesse était clairement laissée de côté.

En 2020, j’ai pris la tête de liste et porté avec mon équipe des projets pour redynamiser la commune, s’occuper vraiment des gens, et entrer enfin dans l’avenir, avec au cœur de notre action la participation citoyenne, le développement du numérique et la transition écologique.

Nous avions pour ambition que les habitants de Saint-Porchaire deviennent les acteurs de l’amélioration de leur commune, et non plus les spectateurs d’une évolution qui leur échappe.

L’élection s’est jouée à peu de voix d’écart mais détrôner l’enfant du pays élu depuis 37 ans n’est pas chose aisée.

 

3) Comment le Maire et sa majorité respectent vos droits d’élus minoritaires ? Le cas échéant, qu’avez-vous entrepris pour un meilleur respect de ces droits ? 

 On m’a récemment fait comprendre que les élus d’opposition ne sont que des « empêcheurs de tourner en rond », inutiles dans le fonctionnement d’une mairie.

Nous avions pourtant exprimé le souhait de travailler en équipe (le Maire l’avait promis dans sa campagne), et de ne pas nous inscrire dans une opposition vaine et improductive. Mais en nous mettant de côté et en refusant systématiquement toutes nos propositions (souscription à l’application « Panneau Pocket » ou création d’une commission Affaires Scolaires par exemple), nous constatons que c’est finalement la majorité qui s’inscrit dans une logique d’opposition.

D’un point de vue pratique, les informations ne sont données qu’au dernier moment (souvent à l’ouverture du conseil), nos amendements ne sont ni étudiés ni votés, et nos avis (et surtout ceux des élues) sont balayés d’un revers de main. La municipalité traite nos droits d’élus minoritaires comme on pouvait le faire il y a 20 ans. Ils n’acceptent pas que les règles ont changé ces dernières années.

Bien souvent, nous constatons que toutes les décisions ont déjà été prises en amont (en-dehors de commissions et sans nous) ; les séances du conseil municipal ne sont alors plus que de simples chambres d’enregistrement et se résument à un dialogue (parfois houleux) entre le Maire et la minorité. Heureusement, nous sommes quatre élus de la minorité et c’est important de ne pas être seul devant l’ampleur de la tâche. Notre premier objectif reste de développer l’information à destination des habitants.

Pour faire évoluer les choses, nous posons des questions orales en conseil municipal pour essayer d’être mieux informés des affaires de la commune, nous faisons régulièrement des rappels au CGCT, et avons déposé un recours auprès de la préfecture suite à l’adoption en force d’un règlement intérieur inadapté. La majorité ne cède rien si elle n’y est pas règlementairement obligée.

 

4) Avez-vous suivi des formations d’élus de l’AELO ? Que vous ont-elles apporté ?

J’ai suivi 2 formations AELO depuis les dernières élections : « Connaître ses droits d’élu(e) d’opposition et éviter les erreurs de début de mandat » enseptembre avec Jean-Luc Trotignon et les formations « Facebook » niveau 1 & 2 avec Lydia Rabehi en janvier et février.

La première m’a montré que j’avais raison de vouloir défendre mes droits d’élue minoritaire et m’a donné des outils pour mieux le faire. Elle m’a aussi permis d’échanger avec d’autres élus de la minorité et de comparer nos expériences.

Je suis en train de mettre en application la seconde formation sur Facebook, elle va me permettre de mieux séparer ma vie privée de ma vie d’élue, et de développer ma communication sur les réseaux sociaux.

Je me suis également inscrite pour une prochaine formation « Bien vivre son mandat » et je me réjouis que le catalogue de formations en ligne de l’AELO se développe.

 

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