1) Pouvez-vous nous présenter votre commune en quelques mots ?

Chauray est une commune limitrophe de Niort dans les Deux-Sèvres. Sa population est de 7 280 habitants.

Même si la surface agricole communale demeure importante, les problématiques rencontrées sont plutôt de type périurbain : circulation automobile, 750 enfants scolarisés sur 3 écoles, non-respect de la loi SRU dans le logement social, plus de 60 associations, etc.

Néanmoins, l’implantation en 1960 d’une très grosse entreprise industrielle, puis celles du siège d’une mutuelle d’assurances et d’un hypermarché ont donné à la commune une grande richesse à travers la taxe professionnelle et maintenant l’attribution de compensation versée par l’intercommunalité.

 

2) Qu’est-ce qui vous a amené(e) à vous présenter pour siéger au Conseil municipal ?

En 2006, j’ai adhéré à un parti politique et cette adhésion m’a conduit à côtoyer des Chauraisiens engagés dans l’opposition municipale. Ils m’ont fait découvrir les dérives installées au fil du temps par le maire en place depuis 1983.

Ils dénonçaient, en particulier, son absence de vision à long terme, sa politique du coup dopée par les moyens financiers de la commune. Par exemple, lorsque la CAMIF fait faillite en 2008, le maire fait acheter le complexe sportif de la coopérative.

Professionnellement, on m’a souvent chargé des prévisions budgétaires et des études de prospective. Cette habitude m’a poussé à m’intéresser au budget communal et à l’urbanisme.

En 2014 nous avons monté une liste pour les élections municipales et, corroborant les lacunes et dysfonctionnements déjà mis en évidence, j’ai accepté d’être la tête de liste. Hélas, nous n’avons obtenu que 3 sièges sur 29.

En 2020, le maire a annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat. Nous avions là une « fenêtre de tir » mais c’était sans compter sur son réseau établi en 37 années de mandat. De notre liste, seuls deux colistiers, dont moi, ont été élus.

 

3) Comment le Maire et sa majorité respectent vos droits d’élus minoritaires ? Le cas échéant, qu’avez-vous entrepris pour un meilleur respect de ces droits ? 

Le nouveau maire élu l’an dernier a été choisi par son prédécesseur mais n’avait jamais fait de politique avant son élection. De façon naturelle mais, aussi, par souci de bien comprendre dans quelle aventure il s’est engagé, il se montre très ouvert aux propos des élus minoritaires.

Cependant, nous reste, par exemple, à obtenir la constitution de la commission « accessibilité », l’accès au site Internet et au compte Facebook de la commune.

Mon colistier et moi avons demandé et obtenu un rendez-vous en privé avec le maire au bout de ses 6 premiers mois d’exercice. L’entretien a duré plus de deux heures et il a écouté avec attention nos critiques tant positives que négatives. Nous nous sommes donnés rendez-vous dans 6 mois.

 

4) Avez-vous suivi des formations d’élus de l’AELO ? Que vous ont-elles apportées ?

En 2018, le président de l’association d’opposition reçoit une « publicité » de l’AELO et m’en fait part. Je découvre ainsi les formations dispensées par l’AELO. J’ai ainsi bénéficié de 7 formations de mai 2018 jusqu’en février dernier.

On dit souvent : « il faut gérer une collectivité comme une entreprise » mais c’est absolument faux. Les enjeux, les objectifs, les fondements, le cadre juridique, les principes de gestion n’ont rien de commun.

Ainsi, malgré un bon niveau de formation, l’exercice de responsabilités en entreprise et un investissement important dans mon activité d’élu, je me suis retrouvé dans un monde inconnu et déroutant.

Il est donc indispensable de se former et, en particulier, sur le budget. Sans connaissance de ce dernier domaine, on abandonne au directeur général des services et à l’adjoint aux finances la mise en œuvre de la politique communale. Ce qui n’est pas vraiment démocratique.