Pouvez-vous nous présenter votre commune en quelques mots ?

Obernai est une ville de 11 500 habitants située à 25 km au sud-ouest de Strasbourg. Ancienne ville libre du Saint empire romain germanique, elle est entourée de remparts et son patrimoine remarquable attire de nombreux touristes. C’est aussi un important centre économique qui offre près de 9 000 emplois, avec un tissu d’entreprises diversifiées.

Qu’est-ce qui vous a amené(e) à vous présenter pour siéger au Conseil municipal ?

Enfant de la ville, j’ai été très tôt sensibilisée à la chose publique. Mes parents ont toujours été très concernés par la vie locale, mon père était élu et m’a transmis sa passion pour sa ville et les valeurs de l’engagement au service de l’intérêt général.

Je suis entrée au Conseil municipal en 1995, j’y ai siégé dans l’équipe de deux Maires différents jusqu’en 2014.  J’ai été 1ère adjointe pendant deux mandats et ai présidé le bailleur social local pendant 10 ans.

Suite à des divergences avec le Maire, j’ai mis fin à mon engagement municipal en 2014.
En désaccord avec les orientations prises pendant la dernière mandature, j’ai décidé de conduire une liste, avec une autre vision de l’urbanisme et de la densification urbaine, un mode de gouvernance plus ouvert et associant les habitants aux projets qui les intéressent et la volonté de développer un vrai projet environnemental pour notre ville et notre territoire.

Obernai a tout d’une ville florissante, un cadre de vie agréable, de nombreux services et équipements, un tissu d’entreprises dynamiques et des recettes fiscales bien au-dessus de la moyenne. Ce tableau plutôt flatteur cache pourtant une cité dont la population vieillit avec des prix de l’immobilier qui ont beaucoup grimpé, devenue inabordable pour les jeunes et les familles, une urbanisation galopante avec une bétonisation de la ville et une absence de concertation des habitants sur des projets à fort enjeu.

En mars dernier, le scrutin s’est déroulé alors que l’Alsace était touchée de plein fouet par la 1ère vague de la crise sanitaire, moins de 37 % des électeurs se sont déplacés et le Maire sortant a gagné l’élection avec le vote de 23,2 % des inscrits, entamant ainsi un 4ème mandat. Sur 33 sièges, nous en avons remporté six, ainsi que deux sièges de conseillers communautaires.  Difficile de s’opposer à un Maire bien établi et omnipotent, qui cumule les fonctions de Président de Communauté de communes et de Conseiller départemental.

 

Comment le Maire et sa majorité respectent vos droits d’élus minoritaires ? Le cas échéant, qu’avez-vous entrepris pour un meilleur respect de ces droits ?

Contre toute attente, les circonstances particulières de l’élection, le taux d’abstention record, n’ont pas entraîné de remise en question de la gouvernance de notre ville. Avec mes collègues, nous avons déclaré vouloir inscrire notre investissement municipal dans une démarche de bonne intelligence collective. Je qualifierai d’inexistant l’accueil réservé par la majorité, nous ne sommes pas associés aux réflexions menées en amont.  Jugés indésirables dans plusieurs instances, nous sommes aux mieux cantonnés dans le rôle d’une opposition critique, « frileuse et tatillonne », qui met en doute la méthode et les projets portés par la majorité.

Quand bien même cette dernière fait la sourde oreille à nos propositions, notre groupe continue de réagir en commission, à poser des questions écrites et orales et à apporter ses réflexions à des projets souvent mis en œuvre sans concertation et présentés à un stade quasi finalisé aux élus pour validation. Nous restons en contact avec les habitants et les informons régulièrement sur notre site internet et notre page Facebook.

Pour faire respecter nos droits d’expression, nous avons demandé une révision du Règlement Intérieur de la ville et de la Communauté de communes. Econduits dans un premier temps, nous avons déposé deux recours gracieux et avons obtenu des avancées, non sans échanges houleux et commentaires désobligeants. A l’appui des textes du CGCT, nous venons d’obtenir la création de la Commission de contrôle financier au sein de la Communauté de communes.

 

Avez-vous suivi des formations d’élus de l’AELO ? Que vous ont-elles apportées ?

J’ai suivi deux formations AELO : « Connaître ses droits d’élu(e) d’opposition » en décembre avec Jean-Luc Trotignon et les formations « Facebook » niveau 1 & 2 avec Lydia Rabehi.

Je recommande la formation sur les droits d’élus ; ayant une expérience d’élue dans la majorité, j’ai beaucoup appris sur de nombreux points que j’ignorais. Les connaissances acquises ont notamment permis à notre groupe de faire valoir ses droits d’expression.

Avec la formation Facebook, j’ai utilement complété mes connaissances et amélioré ma communication sur les réseaux sociaux, ainsi que celle de notre groupe. Nous disposions déjà d’une page Facebook et avons développé des pages personnelles différenciées des comptes privés.

 

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