Pouvez-vous nous présenter votre commune en quelques mots ?

Sainte-Geneviève dans l’Oise, une commune de 3 500 habitants environ située à 45 km au nord de Paris et 20km au sud de Beauvais, Préfecture du département. La Commune se situe sur le principal axe routier qui va de la capitale à la Préfecture. Elle a longtemps eu un niveau d’emplois élevé mais est victime de la crise industrielle depuis une bonne vingtaine d’années.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à vous présenter pour siéger au Conseil municipal ?

Je suis arrivé dans cette commune en 1973, j’avais 20 ans, avec mes parents qui avaient fait construire. Comme beaucoup de Génovéfains nous venions de la région  parisienne. Il n’y avait pas grande activité pour les jeunes. Dès 1974, nous nous sommes regroupés et avons fait redémarrer le Foyer des Jeunes et d’Education Populaire, ce fut difficile. Il est devenu le Centre Yves MONTAND et compte plus de 600 adhérents.

Tout naturellement, j’ai été amené à m’intéresser à la vie locale et à sa gestion. Alors ouvrier d’usine, en 1983, je m’inscris en études de droit pour m’orienter vers cette voie professionnellement. J’ai passé les concours  administratifs. En 1986, je suis reçu au concours de rédacteur municipal et à celui de Contrôleur du Trésor, en 1998 je serai reçu au concours d’inspecteur. Entre temps, j’avais fait un mandat de Conseiller municipal de 1989 à 1995. J’ai fait beaucoup de choses dans cette administration mais jamais je n’ai géré de Communes. Je finis ma carrière comme Agent Comptable Directeur Financier d’Université

En 2014, je suis 5ème sur une liste, après la démission de notre tête de liste et un refus de siéger de la 4ème, un an plus tard je rentre au Conseil. Je passerai ce mandat à valoriser les droits de l’opposition et à préparer la construction d’une alternative.
La Maire du précédent mandat connaît une dissidence avec son 1er adjoint à compter du début 2019. Il y aura donc trois listes en 2020, les conditions sanitaires n’ont pas aidé à un débat que nous aurions voulu clair, résultat l’ex 1er adjoint l’emporte et prend 16 sièges, nous sommes 20 voix derrière et avons 4 sièges et la liste de l’ancienne Maire (elle démissionnera dès le 1er conseil) également 20 voix derrière nous avec 3 sièges. Le nouveau  Maire parle d’ouverture mais on cherche encore où elle est.

Sainte-Geneviève est confronté à une pression migratoire de la région parisienne. La population connait un turn over de 50% sur 10 ans. Elle a doublé sur 30 ans, sans que ses équipements aient connu une évolution adaptée. Alors qu’il y avait plus d’emplois que de population active jusqu’au milieu des années 90, elle en a perdu plus de la moitié et les nouveaux emplois sont souvent de piètre qualité. L’urbanisation est gérée de façon assez catastrophique sous la pression immobilière.

 

Comment le Maire et sa majorité respectent vos droits d’élus minoritaires ? Le cas échéant, qu’avez-vous entrepris pour un meilleur respect de ces droits ?

Compte tenu de la proximité des scores des listes, on aurait pu attendre un peu d’humilité des élus majoritaires. Cela n’a pas été  et n’est toujours pas le cas. Nous avons à peu près obtenu une représentation légitime dans les Commissions et organismes. Par contre, nous ne sommes pas écoutés. Les Commissions sont des organes d’enregistrement, certaines opérations ne passent même pas par elles, et il est très difficile d’y faire passer une réflexion digne de ce nom.

Un premier courrier au Préfet sur différents sujets nous avait donné raison, le fait qu’il n’y ait pas de sanction a conduit le Maire à penser qu’il avait raison. Le règlement intérieur qui a été voté par la majorité a été déféré au Préfet qui n’a plus la possibilité de traiter ce type de sujet, nous l’avons renvoyé au Tribunal administratif depuis février et attendons les suites. Un recours a été fait pour non expression des minoritaires dans un bulletin et il a été rejeté pour vice de forme en gros.

Pourtant, nous travaillons et faisons des propositions.

 

Avez-vous suivi des formations d’élus de l’AELO ? Que vous ont-elles apporté ?

Nous sommes deux à avoir suivi la formation AELO : « Connaître ses droits d’élu(e) d’opposition » en février 21 avec Jean-Luc Trotignon et j’ai suivi les formations « Facebook » niveau 1 & 2 avec Lydia Rabehi. Deux membres de l’équipe vont suivre, prochainement,  des formations urbanisme et budget.

La formation sur les droits d’élus nous a beaucoup apporté et nous essayons d’en suivre les données même si nous ne parvenons pas encore à obtenir le respect de ces droits.

La formation Facebook permet une meilleure maîtrise de l’outil et des droits qui y sont attachés. Il nous faudra approfondir.