• Pouvez-vous nous présenter votre commune en quelques mots ?

Ramonville Saint-Agne est une commune de 14 600 habitants limitrophe de Toulouse qui bénéficie du terminus d’une ligne de métro toulousain. C’est la plus peuplée des 36 communes du Sicoval, notre communauté d’agglomération.

Ramonville est essentiellement résidentielle mais possède aussi un parc technologique hébergeant des entreprises innovantes.

La ville est traversée par le canal du Midi, classé au patrimoine mondial de l’Unesco et possède un port technique et un port de plaisance.

  • Qu’est-ce qui vous a amené à vous présenter pour siéger au Conseil municipal ?

Née de parents qui ont quitté leur pays sous domination soviétique pour vivre en démocratie, j’ai toujours eu des engagements associatifs importants.

En désaccord avec les choix politiques des municipalités à la tête de la commune, sans alternance politique, depuis presque 50 ans, j’ai décidé de m’engager au service de l’intérêt général. Avec mes colistiers, majoritairement issus de la société civile, nous avons construit un projet axé sur la sécurité, l’écologie pragmatique et l’inclusion des personnes en situation de handicap dans la vie de la cité. Notre programme était par ailleurs traduit en Langue des Signes Française et imprimé en braille.

Finalement au 2ème tour des municipales, 101 voix nous ont manqué pour remporter le scrutin sur une triangulaire où les 2 listes d’opposition totalisent 65 % des électeurs. Notre groupe Ramonville et vous est constitué de 4 élus.

Nous exerçons une opposition vigilante et constructive : vigilante car nous exigeons la transparence, la rigueur et le respect du droit dans tous les dossiers mais aussi constructive car nous agissons toujours dans l’intérêt général, le respect de toutes et tous et de nos valeurs Républicaines.

  • Comment le Maire et sa majorité respectent-ils vos droits d’élus minoritaires ? Le cas échéant, qu’avez-vous entrepris pour un meilleur respect de ces droits ? 

Compte tenu du faible écart de voix, on aurait pu espérer un peu d’humilité de la part du maire et de son équipe. C’est loin d’être le cas, voire l’inverse.

Lorsque nous réclamons des réponses précises à nos questions, le maire se réfugie dans des discours vides et idéologiques. Lui et son équipe en viennent souvent à caricaturer les propositions des élus d’opposition, à tenter de les déstabiliser à l’aide de provocations teintées de politique politicienne. Nous préférons rester au-dessus de la mêlée !

Concernant nos droits, ils sont réduits au minimum légal.

Nous siégeons donc dans les commissions municipales mais au lieu d’être un lieu de discussions, elles sont des organes d’enregistrement des décisions prises en amont par les élus majoritaires, de manière complètement opaque.

De plus, le maire cherche systématiquement à contourner la démocratie représentative issue des élections municipales.

D’une part il transforme les commissions non imposées par le CGCT en comités où ne siègent que des élus de sa majorité. C’est ainsi que nous ne siégeons plus dans les comités du marché de plein vent ou d’accessibilité, des sujets qui sont peu clivants politiquement, qui plus est.

D’autre part, il crée des comités citoyens théodules comme l’Assemblée citoyenne ou le Conseil citoyen pour le climat. Ceux-ci travaillent, avec des citoyens tirés au sort, sur des sujets qui devraient être travaillés par les élus, dont les élus d’opposition, au sein des commissions municipales.

Nous avons par ailleurs dû saisir le préfet à travers un contrôle de légalité sur deux points du règlement intérieur. D’une part, le délai de 72 h imposé pour le dépôt des questions orales avant la séance du conseil portait atteinte aux droits et prérogatives des conseillers municipaux. D’autre part, concernant l’expression des conseillers d’opposition, tous les supports de communication de la collectivité n’étaient pas inclus, dont la page Facebook. Le préfet nous a donné raison et a demandé au maire de modifier ces articles en lui rappelant notamment le cadre jurisprudentiel sur ces questions.

Enfin, au dernier conseil municipal, il nous a fallu rappeler au maire qu’il devait rendre compte de ses décisions prises dans le cadre de ses délégations à chaque conseil municipal alors qu’il ne le faisait que tous les 6 mois au mieux !

Cerise sur le gâteau, l’équipe majoritaire avait fait de la « démocratie ouverte » un de ses axes forts de sa campagne !

  • Quels services de l’AELO avez-vous utilisés ? Que vous ont-ils apportés ?

J’ai d’abord suivi 3 formations : « Bien connaître ses droits d’élus d’opposition et les faire respecter » avec Jean-Luc Trotignon, « Lire et comprendre un budget communal niveau 1 » avec François Tixador et récemment, « Prise de parole en public » avec Alexandra Thulliez.

Ces formations ont toutes été de très bonne qualité. Un exemple suffit à le montrer.

Alors qu’on ne peut pas traiter notre maire de « débutant » (c’est son 3eme mandat de maire mais il cumule avec les fonctions de VP de la communauté d’agglomération, VP du syndicat toulousain des transports et conseiller départemental), bien formés désormais sur nos droits d’élus d’opposition ainsi que sur les démarches auprès du Préfet et du Tribunal administratif, on s’achemine vers un 3ème règlement intérieur en 1 an et demi de mandat !

Pour conclure, je recommande ces formations ainsi que l’adhésion à l’AELO qui permet aux élus d’échanger sur le groupe Facebook et de trouver rapidement des réponses à nos questions.

 

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Mail : ramonvilleetvous@gmail.com

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